Rythmes et
Instruments
Vibration de Terre
et d’Air : le Udu
Originaire du Nigeria, j’apprécie particulièrement cet instrument qui fait partie de la famille des idiophones.
Le corps de l’instrument, en terre cuite, produit un répertoire de sons intéressants dont certains se rapprochent de l’eau.
J’ai demandé à l’artisan de rajouté une peau de chèvre pour me permettre d’ouvrir l’éventail des possibilités en matière de sons et de rythmes.
L’udu invite à l’écoute fine, au geste méditatif, et ouvre un espace sonore unique, propice à la création comme à la contemplation.
L’udu est très adapté pour les musiques douces quelques soient leurs origines ethniques. La peau me permet de l’adapter sur des chants aux variations plus rythmiques.
Une étonnante caisse
en bois : le cajòn
Ma rencontre avec le cajon a été une petite révolution : un son qui se rapproche de celui d’une batterie.
Le timbre situé derrière la membrane de frappe lui octroie un son de caisse claire.
Sa partie centrale se rapproche d’une grosse caisse.
De plus, son assise me permet de pouvoir jouer et alterner facilement sur d’autres instruments tels que les congas, djembé, daf ou derbouka.
C’est une mini-batterie que je peux facilement transporter avec en sus un micro intégré qui facilite l’amplification à bien des niveaux.
Originaire du Pérou, le cajon bénéficie d’un contexte historique particulier : il a été reconnu patrimoine culturel du Pérou en 2001.
Le cajon s’intègre facilement sur une large palette de musiques telles que le rock, l’afro-acoustique, le blues, le reggae et d’autres.
Le cajon reste emblématique sur de nombreuses musiques latines.
Âme des Percussions
Latines : les Congas
Je joue sur un conga et un tumba fabriqués par un maître artisan luthier brésilien. Des pièces uniques.
Hauts et élancés, les congas sont des tambours debout, dont le bois résonne comme une mémoire vivante.
Issues des racines africaines et façonnées par l’âme cubaine, elles nous parlent un langage de peau, de souffle et de feu.
Sous les mains du musicien, elles chantent, murmurent ou grondent, mêlant la profondeur du grave à l’éclat d’un claqué sec.
Chaque frappe est un mot, chaque rythme une phrase.
Les congas appellent au mouvement, à la transe, à l’écoute.
Véritables cœurs battants des musiques du monde, elles vibrent d’émotion autant que d’énergie.
Les congas voyagent entre les traditions et les styles modernes, s’adaptant à tous les univers où le groove, la chaleur humaine et le dialogue rythmique sont les bienvenus.
La pluralité de leurs sons permet donc de les intégrer dans de nombreux styles musicaux :
- Rumba cubaine, berceau des congas, avec des rythmes complexes et expressifs ;
- Pop acoustique & folk : pour des arrangements chaleureux et légers ;
- Chanson française : pour enrichir la rythmique…
Ils restent toutefois des instruments phares dans de nombreuses musiques latines comme la salsa.
Magie des Rythmes
d’Orient : la Derbouka
C’est en Arizona, fin des années 90, je m’initie à la magie de cet instrument avec des musiciens marocains en apprenant alors les rythmes de base du Moyen-Orient.
Je suis séduit par la version métallique montée d’une peau synthétique qui ne subit pas les variations de température et d’humidité.
J’adore la profondeur des basses, tout comme la clarté des claqués : les «Doum» et les «Tak».
Même si au cours des années, j’ai acquis une certaine dextérité, je continue d’honorer et d’admirer les femmes et les hommes qui parviennent à faire chanter cet instrument à merveille.
A mon sens, la derbouka s’adapte sur de très nombreux répertoires musicaux.
Depuis la France et l’Europe, elle se décline sur chants en Afrique du nord, Balkans, Moyen-Orient, Asie Centrale, l’Indonésie et d’autres encore.
Coeur de l’Afrique
de l’Ouest : le Djembé
Le djembé est un tambour aux racines profondes, né sous le soleil de l’Afrique de l’Ouest, là où le rythme est langage, mémoire et lien entre les êtres.
Autour du feu, il fait danser les corps et battre les cœurs, guidant les cérémonies, les naissances, les récoltes et les joies partagées. Il parle en duo avec les dunduns, répond aux chants, soutient la danse, célèbre la vie.
Le djembé ne connaît pas de frontières : il voyage.
Le djembé n’est pas qu’un instrument. C’est une présence, un battement de terre, un pouls universel qui traverse les cultures, les âges.
Comme j’ai souvent entendu mes amis d’Afrique de l’ouest me dire : « le djembé, ça se joue tout seul ». Ramené du Burkina Fasso au début des années 2000, mon djembé m’a suivi dans de nombreuses aventures musicales.
On l’entend aujourd’hui dans les cercles de percussions, où il rassemble les âmes dans un même souffle.
Parfois tonnerre, parfois murmure, il s’adapte sans se perdre, offrant sa voix chaleureuse à toutes les formes d’expression.
Depuis les retrouvailles entre ami-es autour d’un feu, en passant par un concert de mantra, de danses traditionnelles, le djembé a même la capacité de se fondre dans certains contextes rock ou même jazzy.
Les Bongos, le Daf et Les Incontournables
de la Percussion
Les bongos sont rentrés dans ma vie musicale au début des années 90 alors que je vivais dans l’Orégon aux USA.
Même si aujourd’hui, ils ne font pas partie des instruments les plus plébiscités dans mes activités musicales, j’éprouve toujours beaucoup de plaisir à les faire sonner avec mes mains ou avec des baguettes.
Je suis toujours très friand de creuser le concept de l’intégration musicale.
Jouer certains instruments traditionnels, comme les bongos, sur d’autres styles de musiques me passionne.
Malgré tout, leur place dans les sons cubains, le boléro, la salsa et la bachata reste prépondérante.
Les Incontournables sont les divers instruments à percussion qui sont souvent petits et discrets, et qui se rangent facilement.
Tambourin, Cabassas, Clave, bol, cowbell, Maracas, kalimba, egg shaker, ils sont avec moi la plupart du temps pour accompagner les transitions et apporter une autre dimension à la signature musicale.
Le daf est de tradition persane. J’admire cet instrument rentré dans ma vie plus récemment.
Le daf sur lequel je joue, est une version occidentalisée du tambour sur cadre et qui se distingue par ses cymbalettes amovibles contrairement au daf plus traditionnel monté de petits anneaux à l’intérieur du cadre.
J’apprécie la versatilité de cette version dont la peau de chèvre peut se tendre, ce qui me semble important suivant les contextes dans lesquels je suis amené à jouer.
A ce stade, même j’ai principalement utilisé le daf sur des rythmes traditionnels soufis tels que des Zikrs, ainsi que des baijans, mantras et Danses pour la Paix Universelle, il s’adapte bien sur du folklore indien et des approches chamaniques.
Le rythme,
élément fondamental
et élan de création
« Le rythme est l’élément fondamental et l’élan de la création.
Le temps est porteur de rythme, et le rythme est porteur de la résonance de la Présence.
Tout est rythme.
Tout est Silence.
Un Silence qui n’est pas la négation du bruit.
Car il y a deux sortes de silence.
Le silence qui est antagoniste au bruit, c’est un bruit silencieux et un silence agité.
Et un Silence qui transcende le bruit, qui est au-delà du bruit, c’est le Silence de la lumière réelle, le Silence de la Source.
Alors….
Réveiller le Silence.
Réveiller le Silence en nous.
Réveiller le rythme implicite du Silence.
Un rythme qui tend vers zéro, vers l’infinitude de l’Etre qui n’est pas dans le temps.
Un rythme qui tend vers le Silence.
Et réveiller le plein potentiel de soi-même.
Car être soi-même c’est être connecté à la Source, c’est réveiller la nature de la Source dans le manifesté, c’est être l’Essence.
Le Silence est l’élément commun entre tous les bruits et tous les rythmes, il est notre ouverture évolutive.
Et pour s’y relier, dans l’idéal, nous ne devrions pas avoir la nécessité d’utiliser des techniques particulières, mais parfois nous avons quand même besoin d’outils qui vont nous amener sur notre propre voie, et nous aider à nous syntoniser sur notre Silence intérieur.
Chaque être humain, chacun de nous est une voie en lui-même.
Nul besoin de chercher un maître sachant que notre seul maître c’est la Source de notre être, c’est l’Essence même de notre être, et comme le dit un soutra :
« il est plus proche de toi que ta veine jugulaire !.»
Pr. Aziz El Amrani-Joutey
http://www.approche-dynamique-matricielle.fr/
